La nuit des jeunes gens avec Pietragalla et les diables verts

La nuit des jeunes gens avec Pietragalla et les diables verts

Samedi soir, c’est à l’espace Pierre Cardin que nous nous sommes retrouvé pour un spectacle vivant où se croisent et s’entremêlent danse, poésie, jazz et électro. J’entrais pour la première fois dans le monde de Marie Claude Pietragalla et les diables verts pour le temps brûle.

Le spectacle est ficelé autour de la poésie de Louis Aragon et plus précisément de La nuit des jeunes gens tiré de son recueil « Les poètes » écrit en 1960. Plus que de l’histoire des poètes, il s’agit du pouvoir de la poésie, du secret de la création poétique et se terminent par le recommencement ou la continuité à la nouvelle génération de jeunes poètes.

Les diables verts, c’est quatre personnalités venus d’univers artistiques différents. L’idée originale des diables verts de Julien Derouault, chorégraphe et danseur relève un nouveau défi. En plus de danser la poésie, il nous la récite. Comme compagnons de scène, il a choisi Clément Simon (ou Thomas Enhco) et David Enhco, de jeunes phénomènes du jazz , au piano et à la trompette, et DJ Malik Berki. Le spectacle est un mélange surprenant qui fonctionne bien.

Julien Derouault joue à merveille son rôle de conteur et de danseur.  Mêlant humour et révolte, le texte est récité comme dans un slam.

J’ai adoré le mélange des genres et je mettrais en primo la musique électro-jazz et les danses variés entre classiques claquettes et hip-hop.

J’apporterais toutefois un petit bémol sur les textes d’Aragon parfois un peu long.

Pour la soirée, un plasticien était venu sur scène, dessinant le danseur ou en représentant le texte ou écrivant les mots angoissants du poète comme « La nuit » et « Le temps ». Une forme artistique intéressante là aussi mais qui a tendance à nous couper de la scène et nous faire rater les danses de Julien Derouault.

Une belle expérience. Plus d’informations sur les diables verts : ici

Vidéo du spectacles des diables verts mis en scène par Marie Claude Pietragalla :

Le temps brûle – La nuit des jeunes gens de Louis Aragon :

Le temps brûle effectivement Ce n’est pas une façon de parler
Un raccourci métaphorique en rapport avec un état de l’âme
Le temps brûle comme une forme de maison pas encore écroulée
Comme le coin d’une lettre qui parle impalpablement de l’amour
Toute la moisson sous le chaume d’un toit engrangée imprudemment
Le temps brûle et pour des bras naturels les seaux à porter sont trop lourds
Le temps brûle Il est une bête errante à qui tout se fait aliment
Le temps brûle et les mots comme des pins noircissent de ses brûlures
Ah je veux bien périr mais les mots dont je me servais les mots humains
Qu’ils témoignent au moins après moi de ce que les choses furent
Que de nous il reste pour d’autres cette immense épitaphe demain
Le temps brûle En sueur courant à demi nus aux abords de la route
De torche en torche au hasard du vent nous frappons de branches l’incendie
Le temps brûle Au-dessus de moi dans l’entrelacs d’ogives de ses voûtes
Plus le feu dévore la forêt et plus sa férocité grandit

Ecrit par Sandrine

Passionnée par les voyages, le sport et mes chiens. J'écris aussi sur les livres et pleins d'autres trucs sympas. J'aime les sorties, les rencontres, bref la vie... et les talons. Je blogue aussi un peu sur blogosports.com Mon plus grand rêve est de faire le tour du monde.

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