Amélie Nothomb : Les catilinaires

Les catilinairesNote  : 5/5

En ce moment nous trouvons quelques perles à lire à la bibliothèque du coin, comme précédemment avec « En panne sèche« . Cette fois, on m’a rapporté un livre d’Amélie Nothomb (qui est je vous le rappelle l’un de mes auteurs préférés). C’est un livre édité en 1995, mais je n’avais pas encore eu l’occasion de le lire : Les catilinaires.

C’est par un après-midi maussade, que j’ai commencé à lire ce livre et je n’ai plus pu m’arrêter. Le soir même je l’avais dévoré tout entier. Ce roman psychologique est captivant.

Un couple de retraité emménage dans un endroit idyllique. Enfin, le croient-ils avant de faire la connaissance de leur voisin. Un grossier personnage qui s’incruste chez eux, tous les jours à la même heure. Le climat de terreur s’installe dans leur propre maison à cause du harcèlement moral très vicieux de leur voisin. Son air mécontent, son mutisme et les manières rustres sont autant éléments qui pousse le couple à se défendre par des monologues improbables. De quoi est-on capable dans ce genre de situation ? Notre nature « civilisé » est-elle remise en cause ? Comment trouveront-ils la paix ? Le bonheur est-il alors possible ?

prologue : « Ma femme et moi pensions avoir atteint le port. Personne ne viendrait déranger notre solitude dans ce coin perdu au fond de la forêt. Mais il ne faut jamais se croire hors de danger : l’ennemi guettait, en la personne de notre voisin.
Méfiez-vous des voisins, surtout s’ils se taisent avec autant d’obstination que Palamède Bernardin. »

Définition : La catilinaire est de manière générale un discours violent à l’encontre de quelqu’un.
Synonymes : Diatribe, Discours, Harangue, Philippique, Réquisitoire, Satire, Sortie véhémente…

En panne sèche d’Andreas Eschbach

En panne seche Andreas EschbachNote : 5/5

Comme je vous l’avais promis la semaine dernière, je vais vous reparler de ce fameux livre trouvé par hasard à la bibliothèque. Pour être honnête, le titre ne m’inspirait pas du tout et l’épaisseur du livre ne me disait rien de bon. Et pourtant, après quelques pages, il m’a été impossible de le lâcher.

Le thème principal du livre est bien entendu la fin du pétrole dans le monde. Comment s’en sortir sans pétrole puisque tout est fait à base de produit pétrochimique, autant l’essence que les plastiques, les engrais ou encore les médicaments ?

Markus, le personnage principal, est un grand rêveur. Il rêve de l’Amérique, de puissance et de gloire. Dans une première partie, alors que son rêve est en train de lui échapper, il fait la connaissance d’un homme qui pense pouvoir du trouver du pétrole à volonté. Dans cette partie, personne ne pense encore que la fin du pétrole est proche et beaucoup même pense que la matière est inépuisable. Mais la crise arrive…

Dans la deuxième partie, Markus se retrouve malgré lui, séquestré dans un pseudo village rappelant vaguement la petite maison dans la prairie version trasch. Un village auto-suffisant  en alimentation, énergie… et qui croit que le monde autour est en train de s’écrouler par la famine, les maladies…Ce n’est pas tout à fait faux, mais alors qu’il s’échappe de cet endroit qui devient dangereux, Markus part à la quête de son avenir ou de son passé…

On trouve tour à tour dans ce livre une version, des États-Unis  plus ou moins glorieuse, de l’Arabie Saoudite que l’on ne connait pas vraiment, de la politique européenne… On traverse l’Amérique avec Markus ou on vit dans une banlieue allemande avec Dorothéa. On découvre un monde individualiste mais aussi généreux et ouvert vers l’avenir. On participe aux changements, aux évolutions des continents à ce nouveau chalenge.

Dans ce livre les données sont intéressantes, il faudrait prendre le temps de les comparer à la réalité, mais on apprend beaucoup de choses.

Comment va-t-on s’en sortir ? Andras Eschbach  nous tient en haleine pendant tout le récit. On sent que la fin est écourté car le livre aurait encore bien valu une centaine de pages supplémentaires.

La valse lente des tortues de Katherine Pancol

la valse lente des tortues pancolNote : 2,5/5

Comme je vous l’ai annoncé, j’ai fini de lire « La valse lente des tortues » de Katherine Pancol qui m’avait été conseillé par plusieurs personnes qui l’ont adoré.

Ce livre porte bien son nom. Il s’orchestre tel une valse lente en trois temps… Une, deux,trois… Une, deux, trois… Les gens de rencontrent, se croisent et s’en vont.

On fait des pas entre autres, avec Henriette, la vieille mère aigrie, qui est en plein divorce et va se lancer dans la magie noire. Iris, la sœur arrogante, qui après une grave dépression, doit faire face à un divorce et tombe amoureuse d’un homme marié. Joséphine, la timide écrivaine, qui se sépare de son petit ami Luca et s’éprend du futur-ex-mari de sa sœur Iris…

Joséphine est une personne simple qui a l’esprit d’un autre siècle. Elle est timide, calme, gentille et même trop et tellement naïve que parfois s’en est agaçant. On peut avoir envie soit de la protéger soit de la secouer. Mais on aimerait surtout qu’il ne lui arrive rien de grave au vu de sa vie un peu compliquée malgré elle. D’abord sur le doute de la mort de son mari dans la gueule d’un crocodile, puis sur la série de meurtre de son voisinage et dont elle a échappée de justesse.

Je me suis prise au jeu lorsque tout c’est démêlé, c’est-à-dire un peu trop tard car il ne restait qu’une centaine de pages à lire. Pour les 600 premières pages, je me suis ennuyée. Cela vient-il peut-être du manque d’attachement pour les personnages que j’aurais pu avoir si j’avais lu le début de l’histoire dans « Les yeux jaunes du crocodile ». Enfin, il y a bien un moment qui m’a captivé lors de ces 600 pages, lors de l’agression d’Hortense, l’une des filles de Joséphine, malheureusement, on ne se sait pas vraiment comment se passe la vengeance… La fin en tout cas, m’a presque fait oublier la lenteur à laquelle j’avalais les pages.

Amélie Nothomb : Ni d’Eve Ni d’Adam

Ni d'adam ni d'ève Amélie NothombNote : 4/5

J’avais oublié la lecture depuis Versus, mais j’ai repris cette douce aventure avec une de mes auteur favorite que j’ai eu la chance de découvrir comme beaucoup avec Stupeur et tremblements. Cette romancière belge atypique adepte des courts romans est aussi facile à lire qu’à apprécier.

Ni d’Eve ni d’Adam relate son voyage au Japon en se fondant sur sa rencontre avec un  Tokyoïte, un jeune garçon aux multiples qualités : gentil, attentionné… Mais alors que cet homme semble le mari idéal, c’est avec un détachement subtil et une pointe d’ironie qu’Amélie nous parle de cet amour.

Ce livre, au ton intime, est un délice d’humour, de légèreté et de vivacité. En lisant ces pages, impossible de ne pas ressentir le doux parfum du Japon, la beauté des paysages… On partage l’affection d’Amélie pour ce pays hors du commun. On pourrait facilement se laisser tenter à aller voir le Mont Fuji ou encore l’île de Sado en évitant soigneusement de manger les poulpes vivants…

Antoine Chainas : Versus (avis)

Versus Antoine ChainasMon expérience des romans noirs et policiers va s’arrêter là, du moins pour le moment. Mon cerveau ayant besoin de retrouver ses pleines capacités de « positivitude » et de « joyeusisme » du côté lecture tout du moins. Fini les macs, les réseaux, les meurtres, la violence… Mais ce n’est pas que je n’ai pas aimé ce livre, ça n’a rien à voir. Juste une envie de changement comme ça me prend assez souvent.

Mais je reviens au sujet du jour, le livre, Versus écrit par Antoine Chainas. Je viens de finir un livre de presque 650 pages. Ne comptez pas sur Versus pour vous remonter le moral. C’est 650 pages de violence, de haine, de traque, mais aussi 650 pages de descriptions, surement un peu trop de descriptions à mon goût mais elles ne sont pas anodines. Elles font partis de l’univers du livre et nous permettent de rentrer bien plus dans sa mécanique.

L’inspecteur Natuzzi, le personnage principal est détestable. Il est raciste, homophobe, misogyne… et j’en passe car la liste est trop longue. Il est néanmoins possible d’entrevoir des côtés positifs à certains moments, mais son côté noir reprend vite le dessus. Il est accompagné d’un coéquipier, un débutant, un peu naïf qui se laisse facilement manipuler tour à tour par Natuzzi et par des policiers, des confrères peu scrupuleux.

L’histoire est quand à elle complexe. On se demande où Natuzzi et son coéquipier vont nous emmener et c’est chaque fois une surprise, un étonnement… Bref rien de classique, rien de ce que j’aurais pu lire ne me rappel cet univers. Un univers glauque, misérable, sombre et violent, où la perversion de l’âme est inévitable, car personne n’est bon. Celui qui est gentil nie forcément sa noirceur.

Le réalisme qui se dégage de la vision peu glorieuse de notre société, que nous propose Antoine Chainas, est frappante. Cette vision du milieu policier, de la rue, des vices et de la normalité dans notre société est mise en cause. Enfin, ce livre ne fait pas dans le politiquement correct et c’est tant mieux car ça lui va bien.

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